Découverte d’un mécanisme qui réduit l’immunité face aux ß-papillomavirus

Une grande partie de la population est porteuse de papillomavirus humains (HPVs), et notamment de ß-papillomavirus, un sous-type des HPVs très répandu et non pathogène. Seuls les patients atteints d’épidermodysplasie verruciforme (EV) sont vulnérables aux ß-HPVs, et seulement à ces virus. Une équipe de chercheurs du laboratoire du Pr Jean-Laurent Casanova (Institut Imagine, INSERM, Hôpital Necker-Enfant malades AP-HP, et Université Rockefeller de New York) a découvert un mécanisme moléculaire responsable de cette vulnérabilité.

L’EV se manifeste par des verrues planes, et parfois par des cancers de la peau. Les ß-HPVs infectent les kératinocytes, cellules de l’épiderme et, chez les patients atteints d’EV, induisent leur prolifération. L’EV est aussi une maladie génétique. Des mutations perte-de-fonction dans les gènes TMC6 et TMC8 codant les protéines EVER1 et EVER2, ont été rapportées chez certains patients.

L’équipe du Pr Casanova a découvert une nouvelle cause génétique, avec l’identification de mutations dans le gène codant la protéine CIB1. Elle a mis en évidence qu’EVER1, EVER2 et CIB1 forment une unité de protéines qui protège les kératinocytes. Si l’une de ces protéines est déficiente, les ß-HPVs peuvent alors se répliquer et provoquer une pathologie.

Les ß-papillomavirus représentent un sous-groupe de papillomavirus non pathogènes, ils sont dans un sens déficients car ils n’expriment pas les protéines E5 et E8, produites par tous les autres types d’HPVs. Mais, chez les patients atteints d’épidermodysplasie verruciforme, l’absence des protéines CIB1, EVER1 ou EVER2 compense cette déficience, permettant aux virus d’induire la prolifération des kératinocytes car le mécanisme de défense est lui-même déficient.

Cette découverte contribue à une meilleure compréhension du mécanisme de la maladie. L’équipe du Pr Casanova poursuit ses travaux pour renforcer la compréhension des mécanismes de la maladie.

Les travaux menés par la chercheuse Emmanuelle Jouanguy, font l’objet d’une publication dans le Journal of Experimental Medicine, le 1er août 2018.