Imagine, une porte ouverte vers la fin de l'errance diagnostique

Chaque année plus de 30 000 patients consultent à Imagine au sein des centres de référence maladies rares affiliés à l’institut. Pour eux, Imagine signifie souvent la fin de l’errance de prise en charge qui ouvre la voie à la fin de l’errance diagnostique et la rupture de l’isolement en leur offrant une prise en charge adaptée et l’espoir lié à la recherche. Le diagnostic est enfin le début d’une histoire, pas sa fin.

Soigner

« Ne pas savoir était la pire des choses » 

5 ans, c’est le nombre d’années qu’il a fallu pour donner un nom à la maladie de Margot. « Dès la naissance de ma fille, j’ai constaté les premiers signes de difficulté. Elle n'avait aucun réflexe de succion, gardait toujours les yeux ouverts, ne pleurait pas, explique Laurence, la mère de Margot. Puis au fil des mois, des années, l’état de santé de Margot s’est dégradé sans que l’on sache pourquoi. »

Pendant 5 ans, Margot et sa mère ont écumé les services hospitaliers sans que jamais personne ne puisse nommer la maladie. « Ne pas savoir était la pire des choses, se rappelle Laurence. J’ai fait face à des périodes de doutes, voire de découragement. »

 

En moyenne, le délai entre les premiers symptômes d’une maladie rare et le diagnostic est de 18 mois, mais parfois l’errance diagnostique, puisque telle est son nom, peut durer des années. La raison : les maladies rares, au nombre de 8 000, touchent moins d’une personne sur 2 000 et 72% d’entre elles sont d’origine génétique. De ce fait, elles sont assez mal connues par les médecins, voire pour certaines, totalement inconnues.

Mettre fin à l’errance diagnostique

Quand le corps médical a pour unique réponse, « nous ne savons pas de quoi souffre votre enfant », nombreuses sont les familles qui finissent par douter et baisser les bras. « J’avais l’impression de ne plus être prise au sérieux ni par le corps médical, ni par mon entourage. Je n’avais plus de vie et étais dans une sorte d’attente permanente » se rappelle Laurence. Un jour, elle décide d’envoyer son dossier à l’Institut Imagine. « Les spécialistes ont alors découvert une malformation dans la partie basse du cerveau qui expliquait beaucoup des symptômes de Margot, et ont alors lancé de nouvelles recherches génétiques. Une porte s’était enfin entrouverte », se souvient-elle.

Dès lors que les enfants arrivent à Imagine, tout est mis en œuvre pour « nommer » la maladie, c’est-à-dire trouver le gène déclencheur, car c’est le seul moyen de pouvoir ensuite trouver des traitements : un autre défi, car, aujourd’hui encore, 90 % de ces maladies génétiques n’ont pas de traitement : ce sont des maladies orphelines. 

Quand nous sommes arrivés à l’institut Imagine, ce qui a changé, c’est l’écoute. Nous nous sommes retrouvés face à des médecins qui comprenaient la situation (…) et des personnes qui s’intéressaient réellement à notre cas  

Maureen

Maureen est la mère de Lila, 5 ans, atteinte d’une maladie auto inflammatoire rare avec des poussées de fièvre pouvant atteindre 42° et de grosses douleurs.

Le diagnostic est compliqué car le gène-initiateur de la maladie peut être différent d’une maladie à l’autre et même au sein d’une même pathologie : si on prend par exemple les épilepsies sévères, il existe plus d’une centaine de gènes pouvant être à l’origine de la maladie. En ce qui concerne l’autisme, ce sont plusieurs centaines de gènes qu’il faut analyser. De plus, les maladies génétiques sont le plus souvent polygéniques. Multifactorielles, à hérédité complexe, ces anomalies génétiques s’expriment de façon très variable selon les individus.

C’est un peu chercher une aiguille dans une botte de foin. Et parfois, il n’y a aucune mutation dans les gènes déjà connus pour jouer un rôle dans la pathologie et il faut aller chercher au-delà, dans les 22 000 autres gènes. Cette analyse plus large du reste des gènes peut être extrêmement longue. Trouver l’origine génétique des maladies est possible à Imagine car les laboratoires de recherche sont directement associés aux soins. 

Quand le nom de la maladie tombe enfin…

Pour Margot, il a fallu encore attendre 2 ans. Mais jamais Laurence n’oubliera le 17 avril 2018, le jour où le Pr Arnold Munnich l’a appelée pour lui dire : « on a trouvé ». Le mal avait enfin un nom et Margot et sa mère savaient contre quoi elles devaient se battre. Une fois le diagnostic posé, les familles se sentent moins seules et l’espoir renaît. C’est aussi un premier pas vers la recherche de solutions thérapeutiques : à partir du moment où on connait les mécanismes dérégulés, on peut tenter de chercher des molécules pour les restaurer. 

Margot est atteinte d’une maladie génétique extrêmement rare. En 2018, elle était a priori la seule personne porteuse d’une mutation du gène EBF3, puisque tel est le nom du gène à l’origine de sa maladie. On sait désormais qu’il existe un autre enfant concerné en France et quelques dizaines aux Etats-Unis. Depuis le diagnostic, j’ai commencé à vivre de nouveau. Diagnostiquer une maladie, c’est identifier votre ennemi et permettre aux chercheurs de pouvoir un jour peut-être trouver la guérison. Toute la vie de ma famille était déterminée par le diagnostic  

Laurence

Imagine, une porte ouverte vers l’espoir pour les familles

Envahies par le doute et souvent le découragement, les familles trouvent en Imagine un lieu où des médecins et des chercheurs vont tout faire pour donner un nom à la maladie dont souffre leur enfant, et faire renaître l’espoir au sein de ces familles. « Toutefois, à ce jour, encore 50 % des familles repartent sans diagnostic, déplore le Pr Stanislas Lyonnet, Directeur d’Imagine. D’énormes progrès ont déjà été réalisés puisque, depuis l'ouverture de l'Institut Imagine, nous avons doublé les capacités de diagnostic, mais nous sommes encore loin du compte. Imagine s’est donné comme objectif de diagnostiquer 80 % des familles dans les années à venir. »

Or, comme le souligne Dimitri, le père de Lila, « aujourd’hui, ce qu’on espère, c’est pouvoir diagnostiquer au mieux la pathologie pour ensuite lancer la 2e phase sur la recherche de traitement ». Cette étape est indispensable pour ouvrir la voie à la recherche de solutions thérapeutiques. Car le but ultime est de proposer des traitements aux enfants atteints de maladies génétiques, qu’ils s’agissent de nouvelles thérapies innovantes ou de repositionnement de molécules utilisées pour d’autres pathologies. 

L’ambition d’Imagine : changer la vie des familles touchées par maladies génétiques

Imagine a fait la preuve depuis sa création de ses capacités uniques pour accélérer l’innovation, que cela soit en termes de diagnostic ou de traitement. La synergie des expertises des médecins et des chercheurs dans un même lieu permet de ne jamais baisser les bras, de chercher les bonnes collaborations et d’innover sans cesse pour vaincre les maladies génétiques.

Aujourd’hui Imagine dispose de tous les moyens pour changer la donne dans les années à venir et se donne pour objectif de diagnostiquer 80% des enfants atteints de maladies génétiques, mais aussi donner accès à 30% d’entre eux à un traitement.

Découvrez le témoignage de Caroline, maman de Giulia, petite fille de 7 ans touchée par une maladie génétique non identifiée à ce jour.

 

Imagine : mettre fin à l'errance diagnostique
© CLara Busson