Nouvelle avancée scientifique : un espoir pour la détection précoce de la prééclampsie

La prééclampsie est une complication grave de la grossesse pouvant survenir brutalement et menacer la vie de la mère et du bébé. Bien qu'elle affecte aujourd'hui environ une grossesse sur dix dans le monde, le corps médical manque encore de moyens fiables pour prédire son apparition. Responsable d'un tiers des naissances de grands prématurés sur le territoire français, la prééclampsie se manifeste généralement à partir de la vingtième semaine de grossesse, marquant le milieu du second trimestre.

Toutefois, il arrive que les signes cliniques ne se déclarent que tardivement, soit juste avant le terme, voire même après l’accouchement durant la période du postpartum. Mais une découverte de Manvendra Singh et son équipe pourrait tout changer.

Aujourd'hui, il révèle avoir identifié des signaux biologiques jusqu'alors dissimulés, susceptibles de changer la donne. Ces recherches mettent en lumière des processus inédits régissant le développement du placenta, qu'il soit physiologique ou pathologique, et permettent ainsi d’identifier deux marqueurs majeurs. 

Ces deux marqueurs pourraient permettre de détecter la prééclampsie plusieurs semaines avant l'apparition des premiers symptômes, ce qui n'est pas le cas à l'heure actuelle. En analysant l'activation de certains gènes dans le placenta, les chercheurs ont découvert le rôle crucial de petites régions régulatrices de l'ADN dans le développement normal de cet organe. Le dysfonctionnement de ces « interrupteurs moléculaires » empêche la formation adéquate du placenta, une caractéristique centrale de la prééclampsie. Une découverte prometteuse : l'équipe a constaté que ces dysfonctionnements laissent des traces mesurables dans le sang maternel très tôt durant la grossesse, ouvrant la voie à un potentiel test de dépistage précoce. 

Ces résultats offrent une perspective inédite sur les origines de la pathologie et posent les bases d'outils capables de transformer le suivi de grossesse : un dépistage plus précoce, une évaluation plus précise des risques et, à terme, la possibilité de traitements ciblant ces mécanismes nouvellement identifiés. 

Ces travaux nous rapprochent un peu plus de l'objectif de rendre l'invisible visible, transformant une maladie silencieuse et potentiellement mortelle en une pathologie que nous pourrons enfin détecter, comprendre et, un jour, prévenir.